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III-1. Les commandements de Dieu en général.



342. De quoi est-il question dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne?
Dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne il est question des commandements de Dieu et de l’Église.

343. Combien y a-t-il de commandements dans la loi de Dieu?
Les commandement de la loi de Dieu sont au nombre de dix:
«Je suis le Seigneur ton Dieu.
1. Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence.
2. Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu.
3. Rappelle-toi de sanctifier les fêtes.
4. Honore ton père et ta mère.
5. Tu ne tueras pas.
6. Tu ne feras pas d’impureté.
7. Tu ne voleras pas.
8. Tu ne diras pas de faux témoignage.
9. Tu ne désireras pas la femme d’autrui.
10. Tu ne désireras pas le bien d’autrui.»

344. Pourquoi les commandements de Dieu ont-ils reçu ce nom?
Les commandements de Dieu ont reçu ce nom parce que c’est Dieu lui-même qui les a imprimés dans l’âme de tout homme, qui les a promulgués sur le mont Sinaï dans la loi ancienne gravée sur deux tables de pierre, et c’est Jésus-Christ qui les a confirmés dans la loi nouvelle.

345. Quels sont les commandements de la première table?
Les commandements de la première table sont les trois premiers, qui regardent directement Dieu et les devoirs que nous avons envers lui.

346. Quels sont les commandements de la seconde table?
Les commandements de la seconde table sont les sept derniers, qui regardent le prochain et les devoirs que nous avons envers lui.

347. Sommes-nous obligés d’observer les commandements?
Oui, nous sommes tous obligés d’observer les commandements parce que tous nous devons vivre selon la volonté de Dieu qui nous a créés, et qu’il suffit d’en violer gravement un seul pour mériter l’enfer.

348. Pouvons-nous observer les commandements?
Nous pouvons certainement observer les commandements de Dieu parce que Dieu ne nous commande rien d’impossible, et qu’il donne la grâce de les observer à qui la demande comme il faut.

349. Que faut-il considérer d’une manière générale en chaque commandement?
Dans chaque commandement, il faut considérer la partie positive et la partie négative, c’est-à-dire ce qu’il nous commande et ce qu’il nous défend.

III-1. Les commandements de Dieu en général.



342. De quoi est-il question dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne?
Dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne il est question des commandements de Dieu et de l’Église.

343. Combien y a-t-il de commandements dans la loi de Dieu?
Les commandement de la loi de Dieu sont au nombre de dix:
«Je suis le Seigneur ton Dieu.
1. Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence.
2. Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu.
3. Rappelle-toi de sanctifier les fêtes.
4. Honore ton père et ta mère.
5. Tu ne tueras pas.
6. Tu ne feras pas d’impureté.
7. Tu ne voleras pas.
8. Tu ne diras pas de faux témoignage.
9. Tu ne désireras pas la femme d’autrui.
10. Tu ne désireras pas le bien d’autrui.»

344. Pourquoi les commandements de Dieu ont-ils reçu ce nom?
Les commandements de Dieu ont reçu ce nom parce que c’est Dieu lui-même qui les a imprimés dans l’âme de tout homme, qui les a promulgués sur le mont Sinaï dans la loi ancienne gravée sur deux tables de pierre, et c’est Jésus-Christ qui les a confirmés dans la loi nouvelle.

345. Quels sont les commandements de la première table?
Les commandements de la première table sont les trois premiers, qui regardent directement Dieu et les devoirs que nous avons envers lui.

346. Quels sont les commandements de la seconde table?
Les commandements de la seconde table sont les sept derniers, qui regardent le prochain et les devoirs que nous avons envers lui.

347. Sommes-nous obligés d’observer les commandements?
Oui, nous sommes tous obligés d’observer les commandements parce que tous nous devons vivre selon la volonté de Dieu qui nous a créés, et qu’il suffit d’en violer gravement un seul pour mériter l’enfer.

348. Pouvons-nous observer les commandements?
Nous pouvons certainement observer les commandements de Dieu parce que Dieu ne nous commande rien d’impossible, et qu’il donne la grâce de les observer à qui la demande comme il faut.

349. Que faut-il considérer d’une manière générale en chaque commandement?
Dans chaque commandement, il faut considérer la partie positive et la partie négative, c’est-à-dire ce qu’il nous commande et ce qu’il nous défend.

III-1. Les commandements de Dieu en général.



342. De quoi est-il question dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne?
Dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne il est question des commandements de Dieu et de l’Église.

343. Combien y a-t-il de commandements dans la loi de Dieu?
Les commandement de la loi de Dieu sont au nombre de dix:
«Je suis le Seigneur ton Dieu.
1. Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence.
2. Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu.
3. Rappelle-toi de sanctifier les fêtes.
4. Honore ton père et ta mère.
5. Tu ne tueras pas.
6. Tu ne feras pas d’impureté.
7. Tu ne voleras pas.
8. Tu ne diras pas de faux témoignage.
9. Tu ne désireras pas la femme d’autrui.
10. Tu ne désireras pas le bien d’autrui.»

344. Pourquoi les commandements de Dieu ont-ils reçu ce nom?
Les commandements de Dieu ont reçu ce nom parce que c’est Dieu lui-même qui les a imprimés dans l’âme de tout homme, qui les a promulgués sur le mont Sinaï dans la loi ancienne gravée sur deux tables de pierre, et c’est Jésus-Christ qui les a confirmés dans la loi nouvelle.

345. Quels sont les commandements de la première table?
Les commandements de la première table sont les trois premiers, qui regardent directement Dieu et les devoirs que nous avons envers lui.

346. Quels sont les commandements de la seconde table?
Les commandements de la seconde table sont les sept derniers, qui regardent le prochain et les devoirs que nous avons envers lui.

347. Sommes-nous obligés d’observer les commandements?
Oui, nous sommes tous obligés d’observer les commandements parce que tous nous devons vivre selon la volonté de Dieu qui nous a créés, et qu’il suffit d’en violer gravement un seul pour mériter l’enfer.

348. Pouvons-nous observer les commandements?
Nous pouvons certainement observer les commandements de Dieu parce que Dieu ne nous commande rien d’impossible, et qu’il donne la grâce de les observer à qui la demande comme il faut.

349. Que faut-il considérer d’une manière générale en chaque commandement?
Dans chaque commandement, il faut considérer la partie positive et la partie négative, c’est-à-dire ce qu’il nous commande et ce qu’il nous défend.

III-2. Les commandements qui regardent Dieu.



§ 1. Le premier commandement.

350. Pourquoi est-il dit au commencement: «Je suis le Seigneur ton Dieu»?
En tête des commandements il est dit: «Je suis le Seigneur ton Dieu» pour que nous sachions que Dieu, étant notre Créateur et Seigneur, peut nous commander ce qu’il veut et que nous, ses créatures, nous sommes tenus de lui obéir.

351. Qu’est-ce que Dieu nous ordonne par les paroles du premier commandement: «Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence»?
Par les paroles du premier commandement: «Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence», Dieu nous ordonne de reconnaître, d’adorer, d’aimer et de servir Lui seul comme notre souverain Seigneur.

352. Comment accomplit-on le premier commandement?
On accomplit le premier commandement par l’exercice du culte intérieur et du culte extérieur.

353. Qu’est-ce que le culte intérieur?
Le culte intérieur est l’honneur que l’on rend à Dieu avec les seules facultés de l’esprit, c’est-à-dire avec l’intelligence et la volonté.

354. Qu’est-ce que le culte extérieur?
Le culte extérieur est l’hommage que l’on rend à Dieu au moyen d’actes extérieurs et d’objets sensibles.

355. Ne suffit-il pas d’adorer Dieu intérieurement dans son coeur?
Non, il ne suffit pas d’adorer Dieu intérieurement dans son coeur; il faut l’adorer aussi extérieurement, avec son esprit comme avec son corps, parce qu’il est le Créateur et le Seigneur absolu de l’un et de l’autre.

356. Le culte extérieur peut-il subsister sans le culte intérieur?
Non, le culte extérieur ne peut absolument pas subsister sans le culte intérieur, parce que s’il n’en est pas accompagné, il reste privé de vie, de mérite et d’efficacité, comme un corps sans âme.

357. Que nous défend le premier commandement?
Le premier commandement nous défend l’idolâtrie, la superstition, le sacrilège, l’hérésie et tout autre péché contre la religion.

358. Qu’est-ce que l’idolâtrie?
On appelle idolâtrie le fait de rendre à quelque créature, par exemple à une statue, à une image, à un homme, le culte suprême d’adoration qui n’est dû qu’à Dieu seul.

359. Comment se trouve exprimée cette défense dans la Sainte Écriture?
Dans la Sainte Écriture, on trouve cette défense exprimée par les mots: «Tu ne feras pas de sculpture, ni aucune représentation de ce qui est là-haut dans le ciel et ici-bas sur la terre. Et tu n’adoreras pas ces choses, tu ne leur rendras aucun culte».

360. Ces paroles défendent-elles toutes sortes d’images?
Non, certainement; mais seulement celles des fausses divinités, faites dans un but d’adoration, comme faisaient les idolâtres. Cela est si vrai que Dieu lui-même commanda à Moïse d’en faire quelques-unes, comme les deux statues de chérubins qui étaient sur l’arche et le serpent d’airain dans le désert.

361. Qu’est-ce que la superstition?
On appelle superstition toute dévotion contraire à la doctrine et à l’usage de l’Église, comme aussi le fait d’attribuer à une action ou à une chose quelconque une vertu surnaturelle qu’elle n’a pas.

362. Qu’est-ce que le sacrilège?
Le sacrilège est la profanation d’un lieu, d’une personne ou d’une chose consacrée à Dieu et destinée à son culte.

363. Qu’est-ce que l’hérésie?
L’hérésie est une erreur coupable de l’intelligence par laquelle on nie avec obstination quelque vérité de la foi.

364. Quelles autres choses défend le premier commandement?
Le premier commandement nous défend encore d’avoir commerce avec le démon et de nous agréger aux sectes antichrétiennes.

365. Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettra-t-il un grave péché?
Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettrait un péché énorme, parce que le démon est le plus pervers des ennemis de Dieu et de l’homme.

366. Est-il permis d’interroger les tables qu’on appelle «parlantes» ou «écrivantes», ou de consulter de quelque façon que ce soit les âmes des trépassés par le spiritisme?
Toutes les pratiques du spiritisme sont défendues, parce qu’elles sont superstitieuses et que souvent elles ne sont pas exemptes d’intervention diabolique: aussi ont-elles été justement interdites par l’Église.

367. Le premier commandement défend peut-être d’honorer et d’invoquer les anges et les saints?
Non, il n’est pas défendu d’honorer et d’invoquer les anges et les saints; nous devons même le faire, parce que c’est une chose bonne, utile et hautement recommandée par l’Église, car ils sont les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de lui.

368. Puisque Jésus-Christ est notre unique Médiateur auprès de Dieu pourquoi recourons-nous aussi à l’intercession de la très Sainte Vierge et des saints?
Jésus-Christ est notre Médiateur auprès de Dieu, parce que, étant vrai Dieu et vrai homme, lui seul en vertu de ses propres mérites nous a réconciliés avec Dieu et nous obtient de lui toutes les grâces. Mais la Sainte Vierge et les saints, en vertu des mérites de Jésus-Christ et par la charité qui les unit à Dieu et à nous, nous aident par leur intercession à obtenir les grâces que nous demandons. Et c’est là un des grands biens de la communion des saints.

369. Pouvons-nous aussi honorer les saintes images de Jésus-Christ et des saints?
Oui, parce que l’honneur que l’on rend aux saintes images de Jésus-Christ et des saints est rapporté à leurs personnes mêmes.

370. Et les reliques des saints peut-on les honorer?
Oui, on doit aussi honorer les reliques des saints, parce que leurs corps furent les membres vivants de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit, et qu’ils doivent ressusciter glorieux à une vie éternelle.

371. Quelle différence y a-t-il entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux saints?
Entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux saints il y a cette différence que Dieu, nous l’adorons pour son excellence infinie; les saints au contraire, nous ne les adorons pas, mais nous les honorons et nous les vénérons comme les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de Lui. Le culte que nous rendons à Dieu s’appelle «culte de latrie» c’est-à-dire l’adoration, et le culte que nous rendons aux saints s’appelle «culte de dulie» c’est-à-dire de vénération pour les serviteurs de Dieu; enfin le culte particulier que nous rendons à la très Sainte Vierge s’appelle «culte d’hyperdulie» c’est-à-dire de vénération toute spéciale, comme pour la Mère de Dieu.




§ 2. Le second commandement.

372. Que nous défend le second commandement: «Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu»?
Le second commandement: «Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu» nous défend:
• d’employer le nom de Dieu sans respect;
• de blasphémer contre Dieu, contre la très Sainte Vierge et contre les saints;
• de faire des jurements faux et sans nécessité ou défendus à quelque titre que ce soit.

373. Qu’est-ce que employer le nom de Dieu sans respect?
Employer le nom de Dieu sans respect, c’est prononcer ce saint nom et tout ce qui se rapporte d’une manière spéciale à Dieu, comme le nom de Jésus, de Marie et des saints, par colère, par plaisanterie ou de toute autre manière peu respectueuse.

374. Qu’est-ce que le blasphème?
Le blasphème est un horrible péché qui consiste en paroles ou actes de mépris ou de malédiction contre Dieu, la Sainte Vierge, les saints, ou contre les choses saintes.

375. Y a-t-il une différence entre le blasphème et l’imprécation?
Il y a une différence, parce que dans le blasphème on lance la malédiction ou on désire le mal à Dieu, à la Sainte Vierge, aux saints; tandis que dans l’imprécation c’est à soi-même ou au prochain.

376. Qu’est-ce que jurer?
Jurer, c’est prendre Dieu à témoin de la vérité de ce qu’on dit ou de ce qu’on promet.

377. Est-il toujours défendu de jurer?
Il n’est pas toujours défendu de jurer; c’est permis et même un honneur rendu à Dieu quand il y a nécessité et que le jurement est fait avec vérité, discernement et justice.

378. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec vérité?
Quand on affirme avec serment ce que l’on sait ou que l’on croit être faux, et quand on promet avec serment ce que l’on n’a pas l’intention d’accomplir.

379. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec discernement?
Quand on jure sans prudence et sans mûre réflexion ou pour des choses de peu d’importance.

380. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec justice?
Quand on jure de faire une chose qui n’est pas juste ou permise, comme de se venger, de voler et autres choses semblables.

381. Sommes-nous obligés de tenir le serment de faire des choses injustes ou défendues?
Non seulement nous n’y sommes pas obligés, mais nous pécherions en les faisant parce qu’elles sont défendues par la loi de Dieu ou de l’Église.

382. Quel péché commet celui qui jure à faux?
Celui qui jure à faux commet un péché mortel parce qu’il déshonore gravement Dieu, vérité infinie, en le prenant à témoin d’une chose fausse.

383. Que nous ordonne le second commandement?
Le second commandement nous ordonne d’honorer le saint nom de Dieu et d’accomplir non seulement les serments, mais encore les voeux.

384. Qu’est-ce qu’un voeu?
Un voeu est la promesse faite à Dieu d’une chose bonne, possible pour nous, et meilleure que son contraire, à laquelle nous nous obligeons comme si elle nous était commandée.

385. Si l’accomplissement d’un voeu devenait en tout ou en partie très difficile, que faudrait-il faire?
On peut demander la commutation ou la dispense du voeu à son évêque ou au Souverain Pontife, selon l’importance du voeu.

386. Est-ce un péché de manquer aux voeux?
Manquer aux voeux est un péché. Aussi nous ne devons pas faire de voeux sans une mûre réflexion et, ordinairement, sans le conseil du confesseur ou d’une autre personne prudente, afin de ne pas nous exposer au péril de pécher.

387. Peut-on faire des voeux à la Sainte Vierge et aux saints?
On fait les voeux seulement à Dieu; cependant on peut promettre à Dieu de faire quelque chose en l’honneur de la Sainte Vierge ou des saints.




§ 3. Le troisième commandement.

388. Que nous ordonne le troisième commandement: «Rappelle-toi de sanctifier les fêtes»?
Le troisième commandement: «Rappelle-toi de sanctifier les fêtes» nous ordonne d’honorer Dieu, par les pratiques du culte, les jours de fête.

389. Quels sont les jours de fête?
Dans l’ancienne loi, c’étaient le jour du sabbat et les autres jours particulièrement solennels pour le peuple hébreu; dans la loi nouvelle, ce sont les dimanches et autres solennités établies par l’Église.

390. Pourquoi dans la loi nouvelle sanctifie-t-on le dimanche au lieu du samedi?
Le dimanche, qui signifie jour du Seigneur a été substitué au samedi, parce que c’est à pareil jour que Jésus-Christ notre Seigneur est ressuscité.

391. Quelle est la pratique du culte qui nous est commandée aux jours de fête?
Il nous est commandé d’assister dévotement au saint sacrifice de la messe.

392. Par quelles autres pratiques un bon chrétien sanctifie-t-il les fêtes?
Un bon chrétien sanctifie les fêtes:
• en assistant à la Doctrine chrétienne, aux prédications et aux offices;
• en recevant souvent avec les dispositions convenables les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie;
• en se livrant à la prière et aux oeuvres de charité chrétienne envers le prochain.

393. Que nous défend le troisième commandement?
Le troisième commandement nous défend les oeuvres serviles et toute autre occupation qui nous détourne du culte divin.

394. Quelles sont les oeuvres serviles défendues les jours de fête?
Les oeuvres serviles défendues les jours de fête sont les travaux dits manuels, c’est-à-dire les travaux matériels auxquels le corps a plus de part que l’esprit, comme ceux que font ordinairement les serviteurs, les ouvriers et les artisans.

395. Quel péché commet-on en travaillant les jours de fête?
En travaillant les jours de fête, on commet un péché mortel; cependant si le travail dure peu de temps, il n’y a pas de faute grave.

396. N’y a-t-il aucune oeuvre servile qui soit permise les jours de fête?
Les jours de fête sont permis les travaux nécessaires à la vie ou au service de Dieu et ceux qu’on fait pour une cause grave, en demandant, s’il se peut, la permission à son curé.

397. Pourquoi les oeuvres serviles sont-elles défendues les jours de fête?
Les oeuvres serviles sont défendues les jours de fête, pour que nous puissions mieux nous occuper au culte divin et au salut de notre âme, et pour que nous nous reposions de nos fatigues. Aussi, il n’est pas défendu de se livrer à d’honnêtes amusements.

398. Quelles autres choses devons-nous éviter surtout les jours de fête?
Les jours de fête, nous devons éviter par dessus tout le péché et tout ce qui peut nous porter au péché, comme les amusements et les réunions dangereuses.

III-2. Les commandements qui regardent Dieu.



§ 1. Le premier commandement.

350. Pourquoi est-il dit au commencement: «Je suis le Seigneur ton Dieu»?
En tête des commandements il est dit: «Je suis le Seigneur ton Dieu» pour que nous sachions que Dieu, étant notre Créateur et Seigneur, peut nous commander ce qu’il veut et que nous, ses créatures, nous sommes tenus de lui obéir.

351. Qu’est-ce que Dieu nous ordonne par les paroles du premier commandement: «Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence»?
Par les paroles du premier commandement: «Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence», Dieu nous ordonne de reconnaître, d’adorer, d’aimer et de servir Lui seul comme notre souverain Seigneur.

352. Comment accomplit-on le premier commandement?
On accomplit le premier commandement par l’exercice du culte intérieur et du culte extérieur.

353. Qu’est-ce que le culte intérieur?
Le culte intérieur est l’honneur que l’on rend à Dieu avec les seules facultés de l’esprit, c’est-à-dire avec l’intelligence et la volonté.

354. Qu’est-ce que le culte extérieur?
Le culte extérieur est l’hommage que l’on rend à Dieu au moyen d’actes extérieurs et d’objets sensibles.

355. Ne suffit-il pas d’adorer Dieu intérieurement dans son coeur?
Non, il ne suffit pas d’adorer Dieu intérieurement dans son coeur; il faut l’adorer aussi extérieurement, avec son esprit comme avec son corps, parce qu’il est le Créateur et le Seigneur absolu de l’un et de l’autre.

356. Le culte extérieur peut-il subsister sans le culte intérieur?
Non, le culte extérieur ne peut absolument pas subsister sans le culte intérieur, parce que s’il n’en est pas accompagné, il reste privé de vie, de mérite et d’efficacité, comme un corps sans âme.

357. Que nous défend le premier commandement?
Le premier commandement nous défend l’idolâtrie, la superstition, le sacrilège, l’hérésie et tout autre péché contre la religion.

358. Qu’est-ce que l’idolâtrie?
On appelle idolâtrie le fait de rendre à quelque créature, par exemple à une statue, à une image, à un homme, le culte suprême d’adoration qui n’est dû qu’à Dieu seul.

359. Comment se trouve exprimée cette défense dans la Sainte Écriture?
Dans la Sainte Écriture, on trouve cette défense exprimée par les mots: «Tu ne feras pas de sculpture, ni aucune représentation de ce qui est là-haut dans le ciel et ici-bas sur la terre. Et tu n’adoreras pas ces choses, tu ne leur rendras aucun culte».

360. Ces paroles défendent-elles toutes sortes d’images?
Non, certainement; mais seulement celles des fausses divinités, faites dans un but d’adoration, comme faisaient les idolâtres. Cela est si vrai que Dieu lui-même commanda à Moïse d’en faire quelques-unes, comme les deux statues de chérubins qui étaient sur l’arche et le serpent d’airain dans le désert.

361. Qu’est-ce que la superstition?
On appelle superstition toute dévotion contraire à la doctrine et à l’usage de l’Église, comme aussi le fait d’attribuer à une action ou à une chose quelconque une vertu surnaturelle qu’elle n’a pas.

362. Qu’est-ce que le sacrilège?
Le sacrilège est la profanation d’un lieu, d’une personne ou d’une chose consacrée à Dieu et destinée à son culte.

363. Qu’est-ce que l’hérésie?
L’hérésie est une erreur coupable de l’intelligence par laquelle on nie avec obstination quelque vérité de la foi.

364. Quelles autres choses défend le premier commandement?
Le premier commandement nous défend encore d’avoir commerce avec le démon et de nous agréger aux sectes antichrétiennes.

365. Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettra-t-il un grave péché?
Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettrait un péché énorme, parce que le démon est le plus pervers des ennemis de Dieu et de l’homme.

366. Est-il permis d’interroger les tables qu’on appelle «parlantes» ou «écrivantes», ou de consulter de quelque façon que ce soit les âmes des trépassés par le spiritisme?
Toutes les pratiques du spiritisme sont défendues, parce qu’elles sont superstitieuses et que souvent elles ne sont pas exemptes d’intervention diabolique: aussi ont-elles été justement interdites par l’Église.

367. Le premier commandement défend peut-être d’honorer et d’invoquer les anges et les saints?
Non, il n’est pas défendu d’honorer et d’invoquer les anges et les saints; nous devons même le faire, parce que c’est une chose bonne, utile et hautement recommandée par l’Église, car ils sont les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de lui.

368. Puisque Jésus-Christ est notre unique Médiateur auprès de Dieu pourquoi recourons-nous aussi à l’intercession de la très Sainte Vierge et des saints?
Jésus-Christ est notre Médiateur auprès de Dieu, parce que, étant vrai Dieu et vrai homme, lui seul en vertu de ses propres mérites nous a réconciliés avec Dieu et nous obtient de lui toutes les grâces. Mais la Sainte Vierge et les saints, en vertu des mérites de Jésus-Christ et par la charité qui les unit à Dieu et à nous, nous aident par leur intercession à obtenir les grâces que nous demandons. Et c’est là un des grands biens de la communion des saints.

369. Pouvons-nous aussi honorer les saintes images de Jésus-Christ et des saints?
Oui, parce que l’honneur que l’on rend aux saintes images de Jésus-Christ et des saints est rapporté à leurs personnes mêmes.

370. Et les reliques des saints peut-on les honorer?
Oui, on doit aussi honorer les reliques des saints, parce que leurs corps furent les membres vivants de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit, et qu’ils doivent ressusciter glorieux à une vie éternelle.

371. Quelle différence y a-t-il entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux saints?
Entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux saints il y a cette différence que Dieu, nous l’adorons pour son excellence infinie; les saints au contraire, nous ne les adorons pas, mais nous les honorons et nous les vénérons comme les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de Lui. Le culte que nous rendons à Dieu s’appelle «culte de latrie» c’est-à-dire l’adoration, et le culte que nous rendons aux saints s’appelle «culte de dulie» c’est-à-dire de vénération pour les serviteurs de Dieu; enfin le culte particulier que nous rendons à la très Sainte Vierge s’appelle «culte d’hyperdulie» c’est-à-dire de vénération toute spéciale, comme pour la Mère de Dieu.




§ 2. Le second commandement.

372. Que nous défend le second commandement: «Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu»?
Le second commandement: «Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu» nous défend:
• d’employer le nom de Dieu sans respect;
• de blasphémer contre Dieu, contre la très Sainte Vierge et contre les saints;
• de faire des jurements faux et sans nécessité ou défendus à quelque titre que ce soit.

373. Qu’est-ce que employer le nom de Dieu sans respect?
Employer le nom de Dieu sans respect, c’est prononcer ce saint nom et tout ce qui se rapporte d’une manière spéciale à Dieu, comme le nom de Jésus, de Marie et des saints, par colère, par plaisanterie ou de toute autre manière peu respectueuse.

374. Qu’est-ce que le blasphème?
Le blasphème est un horrible péché qui consiste en paroles ou actes de mépris ou de malédiction contre Dieu, la Sainte Vierge, les saints, ou contre les choses saintes.

375. Y a-t-il une différence entre le blasphème et l’imprécation?
Il y a une différence, parce que dans le blasphème on lance la malédiction ou on désire le mal à Dieu, à la Sainte Vierge, aux saints; tandis que dans l’imprécation c’est à soi-même ou au prochain.

376. Qu’est-ce que jurer?
Jurer, c’est prendre Dieu à témoin de la vérité de ce qu’on dit ou de ce qu’on promet.

377. Est-il toujours défendu de jurer?
Il n’est pas toujours défendu de jurer; c’est permis et même un honneur rendu à Dieu quand il y a nécessité et que le jurement est fait avec vérité, discernement et justice.

378. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec vérité?
Quand on affirme avec serment ce que l’on sait ou que l’on croit être faux, et quand on promet avec serment ce que l’on n’a pas l’intention d’accomplir.

379. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec discernement?
Quand on jure sans prudence et sans mûre réflexion ou pour des choses de peu d’importance.

380. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec justice?
Quand on jure de faire une chose qui n’est pas juste ou permise, comme de se venger, de voler et autres choses semblables.

381. Sommes-nous obligés de tenir le serment de faire des choses injustes ou défendues?
Non seulement nous n’y sommes pas obligés, mais nous pécherions en les faisant parce qu’elles sont défendues par la loi de Dieu ou de l’Église.

382. Quel péché commet celui qui jure à faux?
Celui qui jure à faux commet un péché mortel parce qu’il déshonore gravement Dieu, vérité infinie, en le prenant à témoin d’une chose fausse.

383. Que nous ordonne le second commandement?
Le second commandement nous ordonne d’honorer le saint nom de Dieu et d’accomplir non seulement les serments, mais encore les voeux.

384. Qu’est-ce qu’un voeu?
Un voeu est la promesse faite à Dieu d’une chose bonne, possible pour nous, et meilleure que son contraire, à laquelle nous nous obligeons comme si elle nous était commandée.

385. Si l’accomplissement d’un voeu devenait en tout ou en partie très difficile, que faudrait-il faire?
On peut demander la commutation ou la dispense du voeu à son évêque ou au Souverain Pontife, selon l’importance du voeu.

386. Est-ce un péché de manquer aux voeux?
Manquer aux voeux est un péché. Aussi nous ne devons pas faire de voeux sans une mûre réflexion et, ordinairement, sans le conseil du confesseur ou d’une autre personne prudente, afin de ne pas nous exposer au péril de pécher.

387. Peut-on faire des voeux à la Sainte Vierge et aux saints?
On fait les voeux seulement à Dieu; cependant on peut promettre à Dieu de faire quelque chose en l’honneur de la Sainte Vierge ou des saints.




§ 3. Le troisième commandement.

388. Que nous ordonne le troisième commandement: «Rappelle-toi de sanctifier les fêtes»?
Le troisième commandement: «Rappelle-toi de sanctifier les fêtes» nous ordonne d’honorer Dieu, par les pratiques du culte, les jours de fête.

389. Quels sont les jours de fête?
Dans l’ancienne loi, c’étaient le jour du sabbat et les autres jours particulièrement solennels pour le peuple hébreu; dans la loi nouvelle, ce sont les dimanches et autres solennités établies par l’Église.

390. Pourquoi dans la loi nouvelle sanctifie-t-on le dimanche au lieu du samedi?
Le dimanche, qui signifie jour du Seigneur a été substitué au samedi, parce que c’est à pareil jour que Jésus-Christ notre Seigneur est ressuscité.

391. Quelle est la pratique du culte qui nous est commandée aux jours de fête?
Il nous est commandé d’assister dévotement au saint sacrifice de la messe.

392. Par quelles autres pratiques un bon chrétien sanctifie-t-il les fêtes?
Un bon chrétien sanctifie les fêtes:
• en assistant à la Doctrine chrétienne, aux prédications et aux offices;
• en recevant souvent avec les dispositions convenables les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie;
• en se livrant à la prière et aux oeuvres de charité chrétienne envers le prochain.

393. Que nous défend le troisième commandement?
Le troisième commandement nous défend les oeuvres serviles et toute autre occupation qui nous détourne du culte divin.

394. Quelles sont les oeuvres serviles défendues les jours de fête?
Les oeuvres serviles défendues les jours de fête sont les travaux dits manuels, c’est-à-dire les travaux matériels auxquels le corps a plus de part que l’esprit, comme ceux que font ordinairement les serviteurs, les ouvriers et les artisans.

395. Quel péché commet-on en travaillant les jours de fête?
En travaillant les jours de fête, on commet un péché mortel; cependant si le travail dure peu de temps, il n’y a pas de faute grave.

396. N’y a-t-il aucune oeuvre servile qui soit permise les jours de fête?
Les jours de fête sont permis les travaux nécessaires à la vie ou au service de Dieu et ceux qu’on fait pour une cause grave, en demandant, s’il se peut, la permission à son curé.

397. Pourquoi les oeuvres serviles sont-elles défendues les jours de fête?
Les oeuvres serviles sont défendues les jours de fête, pour que nous puissions mieux nous occuper au culte divin et au salut de notre âme, et pour que nous nous reposions de nos fatigues. Aussi, il n’est pas défendu de se livrer à d’honnêtes amusements.

398. Quelles autres choses devons-nous éviter surtout les jours de fête?
Les jours de fête, nous devons éviter par dessus tout le péché et tout ce qui peut nous porter au péché, comme les amusements et les réunions dangereuses.

III-2. Les commandements qui regardent Dieu.



§ 1. Le premier commandement.

350. Pourquoi est-il dit au commencement: «Je suis le Seigneur ton Dieu»?
En tête des commandements il est dit: «Je suis le Seigneur ton Dieu» pour que nous sachions que Dieu, étant notre Créateur et Seigneur, peut nous commander ce qu’il veut et que nous, ses créatures, nous sommes tenus de lui obéir.

351. Qu’est-ce que Dieu nous ordonne par les paroles du premier commandement: «Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence»?
Par les paroles du premier commandement: «Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence», Dieu nous ordonne de reconnaître, d’adorer, d’aimer et de servir Lui seul comme notre souverain Seigneur.

352. Comment accomplit-on le premier commandement?
On accomplit le premier commandement par l’exercice du culte intérieur et du culte extérieur.

353. Qu’est-ce que le culte intérieur?
Le culte intérieur est l’honneur que l’on rend à Dieu avec les seules facultés de l’esprit, c’est-à-dire avec l’intelligence et la volonté.

354. Qu’est-ce que le culte extérieur?
Le culte extérieur est l’hommage que l’on rend à Dieu au moyen d’actes extérieurs et d’objets sensibles.

355. Ne suffit-il pas d’adorer Dieu intérieurement dans son coeur?
Non, il ne suffit pas d’adorer Dieu intérieurement dans son coeur; il faut l’adorer aussi extérieurement, avec son esprit comme avec son corps, parce qu’il est le Créateur et le Seigneur absolu de l’un et de l’autre.

356. Le culte extérieur peut-il subsister sans le culte intérieur?
Non, le culte extérieur ne peut absolument pas subsister sans le culte intérieur, parce que s’il n’en est pas accompagné, il reste privé de vie, de mérite et d’efficacité, comme un corps sans âme.

357. Que nous défend le premier commandement?
Le premier commandement nous défend l’idolâtrie, la superstition, le sacrilège, l’hérésie et tout autre péché contre la religion.

358. Qu’est-ce que l’idolâtrie?
On appelle idolâtrie le fait de rendre à quelque créature, par exemple à une statue, à une image, à un homme, le culte suprême d’adoration qui n’est dû qu’à Dieu seul.

359. Comment se trouve exprimée cette défense dans la Sainte Écriture?
Dans la Sainte Écriture, on trouve cette défense exprimée par les mots: «Tu ne feras pas de sculpture, ni aucune représentation de ce qui est là-haut dans le ciel et ici-bas sur la terre. Et tu n’adoreras pas ces choses, tu ne leur rendras aucun culte».

360. Ces paroles défendent-elles toutes sortes d’images?
Non, certainement; mais seulement celles des fausses divinités, faites dans un but d’adoration, comme faisaient les idolâtres. Cela est si vrai que Dieu lui-même commanda à Moïse d’en faire quelques-unes, comme les deux statues de chérubins qui étaient sur l’arche et le serpent d’airain dans le désert.

361. Qu’est-ce que la superstition?
On appelle superstition toute dévotion contraire à la doctrine et à l’usage de l’Église, comme aussi le fait d’attribuer à une action ou à une chose quelconque une vertu surnaturelle qu’elle n’a pas.

362. Qu’est-ce que le sacrilège?
Le sacrilège est la profanation d’un lieu, d’une personne ou d’une chose consacrée à Dieu et destinée à son culte.

363. Qu’est-ce que l’hérésie?
L’hérésie est une erreur coupable de l’intelligence par laquelle on nie avec obstination quelque vérité de la foi.

364. Quelles autres choses défend le premier commandement?
Le premier commandement nous défend encore d’avoir commerce avec le démon et de nous agréger aux sectes antichrétiennes.

365. Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettra-t-il un grave péché?
Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettrait un péché énorme, parce que le démon est le plus pervers des ennemis de Dieu et de l’homme.

366. Est-il permis d’interroger les tables qu’on appelle «parlantes» ou «écrivantes», ou de consulter de quelque façon que ce soit les âmes des trépassés par le spiritisme?
Toutes les pratiques du spiritisme sont défendues, parce qu’elles sont superstitieuses et que souvent elles ne sont pas exemptes d’intervention diabolique: aussi ont-elles été justement interdites par l’Église.

367. Le premier commandement défend peut-être d’honorer et d’invoquer les anges et les saints?
Non, il n’est pas défendu d’honorer et d’invoquer les anges et les saints; nous devons même le faire, parce que c’est une chose bonne, utile et hautement recommandée par l’Église, car ils sont les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de lui.

368. Puisque Jésus-Christ est notre unique Médiateur auprès de Dieu pourquoi recourons-nous aussi à l’intercession de la très Sainte Vierge et des saints?
Jésus-Christ est notre Médiateur auprès de Dieu, parce que, étant vrai Dieu et vrai homme, lui seul en vertu de ses propres mérites nous a réconciliés avec Dieu et nous obtient de lui toutes les grâces. Mais la Sainte Vierge et les saints, en vertu des mérites de Jésus-Christ et par la charité qui les unit à Dieu et à nous, nous aident par leur intercession à obtenir les grâces que nous demandons. Et c’est là un des grands biens de la communion des saints.

369. Pouvons-nous aussi honorer les saintes images de Jésus-Christ et des saints?
Oui, parce que l’honneur que l’on rend aux saintes images de Jésus-Christ et des saints est rapporté à leurs personnes mêmes.

370. Et les reliques des saints peut-on les honorer?
Oui, on doit aussi honorer les reliques des saints, parce que leurs corps furent les membres vivants de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit, et qu’ils doivent ressusciter glorieux à une vie éternelle.

371. Quelle différence y a-t-il entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux saints?
Entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux saints il y a cette différence que Dieu, nous l’adorons pour son excellence infinie; les saints au contraire, nous ne les adorons pas, mais nous les honorons et nous les vénérons comme les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de Lui. Le culte que nous rendons à Dieu s’appelle «culte de latrie» c’est-à-dire l’adoration, et le culte que nous rendons aux saints s’appelle «culte de dulie» c’est-à-dire de vénération pour les serviteurs de Dieu; enfin le culte particulier que nous rendons à la très Sainte Vierge s’appelle «culte d’hyperdulie» c’est-à-dire de vénération toute spéciale, comme pour la Mère de Dieu.




§ 2. Le second commandement.

372. Que nous défend le second commandement: «Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu»?
Le second commandement: «Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu» nous défend:
• d’employer le nom de Dieu sans respect;
• de blasphémer contre Dieu, contre la très Sainte Vierge et contre les saints;
• de faire des jurements faux et sans nécessité ou défendus à quelque titre que ce soit.

373. Qu’est-ce que employer le nom de Dieu sans respect?
Employer le nom de Dieu sans respect, c’est prononcer ce saint nom et tout ce qui se rapporte d’une manière spéciale à Dieu, comme le nom de Jésus, de Marie et des saints, par colère, par plaisanterie ou de toute autre manière peu respectueuse.

374. Qu’est-ce que le blasphème?
Le blasphème est un horrible péché qui consiste en paroles ou actes de mépris ou de malédiction contre Dieu, la Sainte Vierge, les saints, ou contre les choses saintes.

375. Y a-t-il une différence entre le blasphème et l’imprécation?
Il y a une différence, parce que dans le blasphème on lance la malédiction ou on désire le mal à Dieu, à la Sainte Vierge, aux saints; tandis que dans l’imprécation c’est à soi-même ou au prochain.

376. Qu’est-ce que jurer?
Jurer, c’est prendre Dieu à témoin de la vérité de ce qu’on dit ou de ce qu’on promet.

377. Est-il toujours défendu de jurer?
Il n’est pas toujours défendu de jurer; c’est permis et même un honneur rendu à Dieu quand il y a nécessité et que le jurement est fait avec vérité, discernement et justice.

378. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec vérité?
Quand on affirme avec serment ce que l’on sait ou que l’on croit être faux, et quand on promet avec serment ce que l’on n’a pas l’intention d’accomplir.

379. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec discernement?
Quand on jure sans prudence et sans mûre réflexion ou pour des choses de peu d’importance.

380. Quand est-ce qu’on ne jure pas avec justice?
Quand on jure de faire une chose qui n’est pas juste ou permise, comme de se venger, de voler et autres choses semblables.

381. Sommes-nous obligés de tenir le serment de faire des choses injustes ou défendues?
Non seulement nous n’y sommes pas obligés, mais nous pécherions en les faisant parce qu’elles sont défendues par la loi de Dieu ou de l’Église.

382. Quel péché commet celui qui jure à faux?
Celui qui jure à faux commet un péché mortel parce qu’il déshonore gravement Dieu, vérité infinie, en le prenant à témoin d’une chose fausse.

383. Que nous ordonne le second commandement?
Le second commandement nous ordonne d’honorer le saint nom de Dieu et d’accomplir non seulement les serments, mais encore les voeux.

384. Qu’est-ce qu’un voeu?
Un voeu est la promesse faite à Dieu d’une chose bonne, possible pour nous, et meilleure que son contraire, à laquelle nous nous obligeons comme si elle nous était commandée.

385. Si l’accomplissement d’un voeu devenait en tout ou en partie très difficile, que faudrait-il faire?
On peut demander la commutation ou la dispense du voeu à son évêque ou au Souverain Pontife, selon l’importance du voeu.

386. Est-ce un péché de manquer aux voeux?
Manquer aux voeux est un péché. Aussi nous ne devons pas faire de voeux sans une mûre réflexion et, ordinairement, sans le conseil du confesseur ou d’une autre personne prudente, afin de ne pas nous exposer au péril de pécher.

387. Peut-on faire des voeux à la Sainte Vierge et aux saints?
On fait les voeux seulement à Dieu; cependant on peut promettre à Dieu de faire quelque chose en l’honneur de la Sainte Vierge ou des saints.




§ 3. Le troisième commandement.

388. Que nous ordonne le troisième commandement: «Rappelle-toi de sanctifier les fêtes»?
Le troisième commandement: «Rappelle-toi de sanctifier les fêtes» nous ordonne d’honorer Dieu, par les pratiques du culte, les jours de fête.

389. Quels sont les jours de fête?
Dans l’ancienne loi, c’étaient le jour du sabbat et les autres jours particulièrement solennels pour le peuple hébreu; dans la loi nouvelle, ce sont les dimanches et autres solennités établies par l’Église.

390. Pourquoi dans la loi nouvelle sanctifie-t-on le dimanche au lieu du samedi?
Le dimanche, qui signifie jour du Seigneur a été substitué au samedi, parce que c’est à pareil jour que Jésus-Christ notre Seigneur est ressuscité.

391. Quelle est la pratique du culte qui nous est commandée aux jours de fête?
Il nous est commandé d’assister dévotement au saint sacrifice de la messe.

392. Par quelles autres pratiques un bon chrétien sanctifie-t-il les fêtes?
Un bon chrétien sanctifie les fêtes:
• en assistant à la Doctrine chrétienne, aux prédications et aux offices;
• en recevant souvent avec les dispositions convenables les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie;
• en se livrant à la prière et aux oeuvres de charité chrétienne envers le prochain.

393. Que nous défend le troisième commandement?
Le troisième commandement nous défend les oeuvres serviles et toute autre occupation qui nous détourne du culte divin.

394. Quelles sont les oeuvres serviles défendues les jours de fête?
Les oeuvres serviles défendues les jours de fête sont les travaux dits manuels, c’est-à-dire les travaux matériels auxquels le corps a plus de part que l’esprit, comme ceux que font ordinairement les serviteurs, les ouvriers et les artisans.

395. Quel péché commet-on en travaillant les jours de fête?
En travaillant les jours de fête, on commet un péché mortel; cependant si le travail dure peu de temps, il n’y a pas de faute grave.

396. N’y a-t-il aucune oeuvre servile qui soit permise les jours de fête?
Les jours de fête sont permis les travaux nécessaires à la vie ou au service de Dieu et ceux qu’on fait pour une cause grave, en demandant, s’il se peut, la permission à son curé.

397. Pourquoi les oeuvres serviles sont-elles défendues les jours de fête?
Les oeuvres serviles sont défendues les jours de fête, pour que nous puissions mieux nous occuper au culte divin et au salut de notre âme, et pour que nous nous reposions de nos fatigues. Aussi, il n’est pas défendu de se livrer à d’honnêtes amusements.

398. Quelles autres choses devons-nous éviter surtout les jours de fête?
Les jours de fête, nous devons éviter par dessus tout le péché et tout ce qui peut nous porter au péché, comme les amusements et les réunions dangereuses.

III-3. Les commandements qui concernent le prochain.



§ 1. Le quatrième commandement.

399. Que nous ordonne le quatrième commandement: «Honore ton père et ta mère»?
Le quatrième commandement: «Honore ton père et ta mère» nous ordonne de respecter notre père et notre mère, de leur obéir en tout ce qui n’est pas péché et de les assister dans leurs besoins spirituels et temporels.

400. Que nous défend le quatrième commandement?
Le quatrième commandement nous défend d’offenser nos parents en paroles, en actes et de toute autre manière.

401. Sous le nom de «père» et «mère», quelles autres personnes comprend ce commandement?
Sous le nom de «père» et de «mère», ce commandement comprend encore tous nos supérieurs tant ecclésiastiques que laïques, auxquels nous devons donc obéissance et respect.

402. D’où vient aux parents l’autorité de commander à leurs enfants et l’obligation pour les enfants de leur obéir?
L’autorité qu’ont les parents de commander à leurs enfants et l’obligation pour les enfants d’obéir vient de Dieu qui a constitué et ordonné la famille, de telle sorte que l’homme y trouve les premiers moyens nécessaires à son perfectionnement matériel et spirituel.

403. Les parents ont-ils des devoirs envers leurs enfants?
Les parents ont le devoir d’aimer, de soigner et nourrir leurs enfants, de pourvoir à leur éducation religieuse et civile, de leur donner le bon exemple, de les éloigner des occasions de péché, de les corriger de leurs fautes et de les aider à embrasser l’état auquel ils sont appelés de Dieu.

404. Dieu nous a-t-il donné le modèle de la famille parfaite?
Dieu nous a donné le modèle de la famille parfaite dans la sainte Famille, où Jésus-Christ vécut soumis à la très Sainte Vierge et à saint Joseph jusqu’à trente ans, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il commençât à exercer la mission que lui avait confiée le Père éternel de prêcher l’Évangile.

405. Si les familles vivaient isolément, séparées l’une de l’autre, pourraient-elles pourvoir à tous leurs besoins matériels et moraux?
Si les familles vivaient isolément, séparées l’une de l’autre, elles ne pourraient pourvoir à leurs besoins, et il est nécessaire qu’elles soient unies en société civile afin de s’aider mutuellement pour leur perfectionnement et leur bonheur communs.

406. Qu’est-ce que la société civile?
La société civile est la réunion de nombreuses familles, dépendant de l’autorité d’un chef, pour s’aider réciproquement à atteindre leur perfectionnement mutuel et le bonheur temporel.

407. D’où vient à la société civile l’autorité qui la gouverne?
L’autorité qui gouverne la société civile vient de Dieu qui la veut constituée pour le bien commun.

408. Y a-t-il obligation de respecter l’autorité qui gouverne la société civile et de lui obéir?
Oui, tous ceux qui appartiennent à la société civile ont le devoir de respecter l’autorité et de lui obéir parce que cette autorité vient de Dieu et qu’ainsi le veut le bien commun.

409. Doit-on respecter toutes les lois qui sont imposées par l’autorité civile?
On doit respecter toutes les lois que l’autorité civile impose, pourvu qu’elles ne soient pas opposées à la loi de Dieu; c’est le commandement et l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ.

410. Outre l’obéissance et le respect aux lois imposées par l’autorité, ceux qui font partie de la société civile ont-ils d’autres devoirs?
Ceux qui font partie de la société civile, outre l’obligation du respect et de l’obéissance envers les lois, ont le devoir de vivre dans la concorde et de travailler de toutes leurs forces et de tous leurs moyens à y faire régner, pour l’avantage commun, la vertu, la paix, l’ordre et la prospérité.




§ 2. Le cinquième commandement.

411. Que nous défend le cinquième commandement: «Tu ne tueras pas»?
Le cinquième commandement: «Tu ne tueras pas» défend de donner la mort au prochain, de le battre, de le frapper, ou de lui faire quelque autre mal dans son corps, soit par soi-même, soit par les autres. Il défend encore de l’offenser par des paroles injurieuses et de lui vouloir du mal. Dans ce commandement Dieu défend aussi de se donner la mort, ce qui est le suicide.

412. Pourquoi est-ce un péché grave de tuer son prochain?
Parce que celui qui tue usurpe témérairement le droit sur la vie de l’homme qui n’appartient qu’à Dieu seul, parce qu’il détruit la sécurité de la société humaine, et parce qu’il enlève au prochain la vie, qui est le plus grand bien naturel qu’il ait sur la terre.

413. Y a-t-il des cas où il soit permis de tuer son prochain?
Il est permis de tuer son prochain quand on combat dans une guerre juste; quand, par ordre de l’autorité suprême, on exécute une condamnation à mort, châtiment de quelque crime, et enfin quand on est en cas de nécessaire et légitime défense contre un injuste agresseur.

414. Dieu, dans le cinquième commandement, défend-il aussi de nuire à la vie spirituelle du prochain?
Oui, Dieu, dans le cinquième commandement, défend aussi de nuire à la vie spirituelle du prochain par le scandale.

415. Qu’est-ce que le scandale?
Le scandale est toute parole, tout acte ou toute omission qui est pour les autres une occasion de commettre le péché.

416. Le scandale est-il un péché grave?
Le scandale est un péché grave parce qu’il tend à détruire la plus grande oeuvre de Dieu, qui est la Rédemption, par la perte d’une âme; parce qu’il donne au prochain la mort de l’âme en lui enlevant la vie de la grâce, qui est plus précieuse que la vie du corps; parce qu’il est cause d’une multitude de péchés. Aussi Dieu menace-t-il des plus sévères châtiments ceux qui donnent le scandale.

417. Pourquoi dans le cinquième commandement Dieu défend-il de se donner la mort à soi-même ou de se suicider?
Dans le cinquième commandement, Dieu défend le suicide parce que l’homme n’est pas le maître de sa vie comme il ne l’est pas de celle d’autrui. Et l’Église punit le suicide par la privation de la sépulture ecclésiastique.

418. Le cinquième commandement défend-il aussi le duel?
Oui, le cinquième commandement défend aussi le duel, parce que le duel participe de la malice du suicide et de celle de l’homicide; et quiconque y assiste volontairement, même comme simple spectateur, est excommunié.

419. Le duel est-il encore défendu quand il n’y a pas péril de mort?
Oui, le duel même est défendu, parce que non seulement nous ne pouvons pas tuer, mais nous ne pouvons pas même blesser volontairement nous-mêmes ni les autres.

420. La défense de l’honneur peut-elle excuser le duel?
Non, parce qu’il n’est pas vrai que par le duel on répare l’offense, et parce qu’on ne peut pas réparer l’honneur par une action injuste, déraisonnable et barbare, comme est le duel.

421. Que nous ordonne le cinquième commandement?
Le cinquième commandement nous ordonne de pardonner à nos ennemis et de vouloir du bien à tout le monde.

422. Que doit faire celui qui a porté tort au prochain pour la vie du corps ou pour la vie de l’âme?
Il ne suffit pas que celui qui a porté tort au prochain se confesse, il doit aussi réparer le mal qu’il a fait en compensant les torts qu’il a portés, en rétractant les erreurs qu’il a enseignées, en donnant le bon exemple.




§ 3. Le sixième et le neuvième commandement.

423. Que nous défend le sixième commandement: «Tu ne feras pas d’impuretés»?
Le sixième commandement: «Tu ne feras pas d’impuretés» nous défend tout acte, tout regard, toute parole contraire à la chasteté, et l’infidélité dans le mariage.

424. Que défend le neuvième commandement?
Le neuvième commandement défend expressément tout désir contraire à la fidélité que les époux se sont jurés en s’unissant par le mariage. Il défend aussi toute pensée coupable ou tout désir d’actes défendus par le sixième commandement.

425. L’impureté est-elle un grand péché?
C’est un péché très grave et abominable devant Dieu et devant les hommes; il avilit l’homme à la condition des animaux sans raison, l’entraîne à beaucoup d’autres péchés et de vices, et provoque les plus terribles châtiments en cette vie et en l’autre.

426. Toutes les pensées qui nous viennent à l’esprit contre la pureté sont-elles des péchés?
Les pensées qui nous viennent à l’esprit contre la pureté ne sont pas par elles-mêmes des péchés, elles sont plutôt des tentations et des excitations au péché.

427. Quand est-ce que les mauvaises pensées sont des péchés?
Les mauvaises pensées, même quand elles ne sont pas suivies d’effet, sont des péchés lorsque nous leur donnons occasion d’une manière coupable, ou que nous y consentons ou que nous nous exposons au péril prochain d’y consentir.

428. Que nous ordonnent le sixième et le neuvième commandements?
Le sixième commandement nous ordonne d’être chastes et modestes dans nos actes, nos regards, notre maintien et nos paroles. Le neuvième commandement nous ordonne d’être chastes et purs même intérieurement c’est-à-dire dans notre esprit et notre coeur.

429. Que convient-il de faire pour observer le sixième et le neuvième commandements?
Pour bien observer le sixième et le neuvième commandements, nous devons prier Dieu souvent et du fond du coeur, être dévots à la Vierge Marie, Mère de la pureté, nous rappeler que Dieu nous voit, penser à la mort, aux châtiments divins, à la passion de Jésus-Christ, garder nos sens, pratiquer la mortification chrétienne et fréquenter les sacrements avec les dispositions convenables.

430. Que devons-nous fuir pour nous maintenir dans la pureté?
Pour nous maintenir dans la pureté, il convient de fuir l’oisiveté, les mauvaises compagnies, l’intempérance, d’éviter les images indécentes, les spectacles licencieux, les conversations dangereuses et toutes les autres occasions de péché.




§ 4. Le septième commandement.

431. Que nous défend le septième commandement: «Tu ne voleras pas»?
Le septième commandement: «Tu ne voleras pas» nous défend de prendre ou de retenir le bien d’autrui injustement, et de faire tort au prochain en ses biens de quelque manière que ce soit.

432. Qu’est-ce que voler?
Voler, c’est prendre injustement le bien d’autrui contre la volonté de son maître, dans le cas où celui-ci a pleine raison et droit absolu de n’en vouloir pas être privé.

433. Pourquoi le vol est-il défendu?
Parce que, par le vol, on pèche contre la justice et on fait injure au prochain en prenant et retenant contre son droit et sa volonté ce qui lui appartient.

434. Qu’est-ce que le bien d’autrui?
Le bien d’autrui est tout ce qui appartient au prochain, qu’il en ait la propriété ou l’usage, ou qu’il l’ait simplement en dépôt.

435. De combien de manières prend-on injustement le bien d’autrui?
De deux manières: par le vol et par la rapine.

436. Comment se commet le vol?
Le vol se commet quand on prend le bien d’autrui en se cachant.

437. Comment se commet la rapine?
La rapine se commet quand on prend avec violence et ouvertement le bien d’autrui.

438. Dans quels cas peut-on prendre le bien d’autrui sans faire de péché?
Quand le maître n’est pas opposé ou que son opposition est injuste, ce qui arriverait si quelqu’un était dans l’extrême nécessité, pourvu qu’il prit seulement ce qui lui est strictement nécessaire pour subvenir à son besoin urgent et extrême.

439. Ne peut-on faire tort au prochain dans ses biens que par le vol et la rapine?
On lui fait encore tort par la fraude, par l’usure et par toute autre injustice que l’on commet contre ses biens.

440. Comment se commet la fraude?
Il y a fraude quand on trompe le prochain dans le commerce par de faux poids, de fausses mesures, de la fausse monnaie et de mauvaises marchandises; quand on falsifie les écritures et les papiers; en un mot toutes les fois qu’on induit en erreur dans les ventes, les achats et tout autre contrat, et aussi quand on ne veut pas donner le juste prix et le prix convenu.

441. En quoi consiste l’usure?
L’usure consiste à exiger, sans titre légitime, un intérêt illicite pour une somme prêtée, en abusant du besoin et de l’ignorance d’autrui.

442. Quelles autres injustices commet-on contre le bien du prochain?
Ce sont des injustices que de lui faire perdre injustement ce qu’il a, de lui faire tort dans ses possessions, de ne pas travailler comme on le doit, de ne pas payer par malice des dettes ou des marchandises achetées, de frapper ou de tuer les animaux qui lui appartiennent, d’endommager ou laisser endommager ce qu’on a en garde, d’empêcher quelqu’un de faire un juste bénéfice, de tenir la main aux voleurs, de recevoir, cacher ou acheter des choses volées.

443. Est-ce un péché grave que de voler?
C’est un péché grave contre la justice quand il s’agit d’une matière grave, car il est très important que le droit de chacun sur son bien propre soit respecté, et cela pour le bien des individus, des familles et de la société.

444. Quand est-ce que la matière du vol est grave?
Elle est grave lorsqu’on prend une chose importante et aussi lorsque, bien qu’on prenne une chose de peu de valeur, le prochain en souffre un grave dommage.

445. Que nous ordonne le septième commandement?
Le septième commandement nous ordonne de respecter le bien d’autrui, de donner le juste salaire aux ouvriers, et d’observer la justice en tout ce qui concerne la propriété d’autrui.

446. Pour celui qui a péché contre le septième commandement suffit-il qu’il se confesse?
Pour celui qui a péché contre le septième commandement, la confession ne suffit pas; il faut qu’il fasse son possible pour restituer le bien d’autrui et réparer les dommages causés.

447. Qu’est-ce que la réparation des dommages causés?
La réparation des dommages causés est la compensation qu’on doit donner au prochain pour les fruits et les bénéfices perdus à cause du vol et des autres injustices commises à son détriment.

448. À qui doit-on restituer le bien volé?
À celui qui a été volé; à ses héritiers, s’il est mort; et si c’est vraiment impossible, on doit en donner la valeur au profit des pauvres et des oeuvres pieuses.

449. Que doit-on faire quand on trouve une chose de grande valeur?
On doit apporter un grand empressement à en trouver le maître et la lui restituer fidèlement.




§ 5. Le huitième commandement.

450. Que nous défend le huitième commandement: «Tu ne diras pas de faux témoignage»?
Le huitième commandement: «Tu ne diras pas de faux témoignage» nous défend de déposer faussement en justice. Il nous défend encore la diffamation ou médisance, la calomnie, la flatterie, le jugement et le soupçon téméraires et toute sorte de mensonge.

451. Qu’est-ce que la diffamation ou médisance?
La diffamation ou médisance est un péché qui consiste à manifester sans un juste motif les péchés et les défauts d’autrui.

452. Qu’est-ce que la calomnie?
La calomnie est un péché qui consiste à attribuer méchamment au prochain des fautes et des défauts qu’il n’a pas.

453. Qu’est-ce que la flatterie?
La flatterie est un péché qui consiste à tromper quelqu’un en disant faussement du bien de lui ou d’un autre, dans le but d’en retirer quelque avantage.

454. Qu’est-ce que le jugement ou soupçon téméraire?
Le jugement ou le soupçon téméraire est un péché qui consiste à mal juger ou à soupçonner de mal le prochain sans un juste motif.

455. Qu’est-ce que le mensonge?
Le mensonge est un péché qui consiste à affirmer comme vrai ou comme faux, par des paroles ou par des actes, ce qu’on ne croit pas tel.

456. De combien d’espèces est le mensonge?
Le mensonge est de trois espèces: le mensonge joyeux, le mensonge officieux et le mensonge pernicieux.

457. Qu’est-ce que le mensonge joyeux?
Le mensonge joyeux est celui dans lequel on ment par pure plaisanterie et sans faire tort à personne.

458. Qu’est-ce que le mensonge officieux?
Le mensonge officieux est l’affirmation d’une chose fausse pour sa propre utilité ou celle d’un autre, mais sans qu’il y ait de préjudice pour personne.

459. Qu’est-ce que le mensonge pernicieux?
Le mensonge pernicieux est l’affirmation d’une chose fausse qui fait tort au prochain.

460. N’est-il jamais permis de mentir?
Il n’est jamais permis de mentir ni par plaisanterie, ni pour son propre avantage ni pour celui d’autrui, car c’est une chose mauvaise par elle-même.

461. Quel péché est le mensonge?
Quand le mensonge est joyeux ou officieux, c’est un péché véniel; mais s’il est pernicieux, c’est un péché mortel si le préjudice causé est grave.

462. Est-il toujours nécessaire de dire tout ce qu’on pense?
Non, cela n’est pas toujours nécessaire, surtout quand celui qui vous interroge n’a pas le droit de savoir ce qu’il demande.

463. Pour celui qui a péché contre le huitième commandement suffit-il qu’il s’en confesse?
Pour celui qui a péché contre le huitième commandement, il ne suffit pas qu’il s’en confesse; il est obligé de rétracter ce qu’il a dit de calomnieux contre le prochain, et de réparer du mieux qu’il le peut les dommages qu’il lui a causés.

464. Que nous ordonne le huitième commandement?
Le huitième commandement nous ordonne de dire quand il le faut la vérité, et d’interpréter en bien, autant que nous le pouvons, les actions de notre prochain.




§ 6. Le dixième commandement.

465. Que nous défend le dixième commandement: «Tu ne désireras pas le bien d’autrui»?
Le dixième commandement: «Tu ne désireras pas le bien d’autrui» nous défend le désir de priver autrui de son bien et le désir d’acquérir du bien par des moyens injustes.

466. Pourquoi Dieu nous défend-il aussi le désir du bien d’autrui?
Dieu nous défend les désirs déréglés du bien d’autrui, parce qu’il veut que nous soyons justes, même intérieurement, et que nous nous tenions toujours très éloignés des actes injustes.

467. Que nous ordonne le dixième commandement?
Le dixième commandement nous ordonne de nous contenter de l’état dans lequel Dieu nous a placés, et de souffrir avec patience la pauvreté quand Dieu nous veut dans cet état.

468. Comment un chrétien peut-il être content dans la pauvreté?
Un chrétien peut être content même dans la pauvreté, en considérant que le plus grand des biens est une conscience pure et tranquille, que notre vraie patrie est le ciel, et que Jésus-Christ s’est fait pauvre par amour pour nous et a promis une récompense spéciale à tous ceux qui supportent avec patience la pauvreté.

III-3. Les commandements qui concernent le prochain.



§ 1. Le quatrième commandement.

399. Que nous ordonne le quatrième commandement: «Honore ton père et ta mère»?
Le quatrième commandement: «Honore ton père et ta mère» nous ordonne de respecter notre père et notre mère, de leur obéir en tout ce qui n’est pas péché et de les assister dans leurs besoins spirituels et temporels.

400. Que nous défend le quatrième commandement?
Le quatrième commandement nous défend d’offenser nos parents en paroles, en actes et de toute autre manière.

401. Sous le nom de «père» et «mère», quelles autres personnes comprend ce commandement?
Sous le nom de «père» et de «mère», ce commandement comprend encore tous nos supérieurs tant ecclésiastiques que laïques, auxquels nous devons donc obéissance et respect.

402. D’où vient aux parents l’autorité de commander à leurs enfants et l’obligation pour les enfants de leur obéir?
L’autorité qu’ont les parents de commander à leurs enfants et l’obligation pour les enfants d’obéir vient de Dieu qui a constitué et ordonné la famille, de telle sorte que l’homme y trouve les premiers moyens nécessaires à son perfectionnement matériel et spirituel.

403. Les parents ont-ils des devoirs envers leurs enfants?
Les parents ont le devoir d’aimer, de soigner et nourrir leurs enfants, de pourvoir à leur éducation religieuse et civile, de leur donner le bon exemple, de les éloigner des occasions de péché, de les corriger de leurs fautes et de les aider à embrasser l’état auquel ils sont appelés de Dieu.

404. Dieu nous a-t-il donné le modèle de la famille parfaite?
Dieu nous a donné le modèle de la famille parfaite dans la sainte Famille, où Jésus-Christ vécut soumis à la très Sainte Vierge et à saint Joseph jusqu’à trente ans, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il commençât à exercer la mission que lui avait confiée le Père éternel de prêcher l’Évangile.

405. Si les familles vivaient isolément, séparées l’une de l’autre, pourraient-elles pourvoir à tous leurs besoins matériels et moraux?
Si les familles vivaient isolément, séparées l’une de l’autre, elles ne pourraient pourvoir à leurs besoins, et il est nécessaire qu’elles soient unies en société civile afin de s’aider mutuellement pour leur perfectionnement et leur bonheur communs.

406. Qu’est-ce que la société civile?
La société civile est la réunion de nombreuses familles, dépendant de l’autorité d’un chef, pour s’aider réciproquement à atteindre leur perfectionnement mutuel et le bonheur temporel.

407. D’où vient à la société civile l’autorité qui la gouverne?
L’autorité qui gouverne la société civile vient de Dieu qui la veut constituée pour le bien commun.

408. Y a-t-il obligation de respecter l’autorité qui gouverne la société civile et de lui obéir?
Oui, tous ceux qui appartiennent à la société civile ont le devoir de respecter l’autorité et de lui obéir parce que cette autorité vient de Dieu et qu’ainsi le veut le bien commun.

409. Doit-on respecter toutes les lois qui sont imposées par l’autorité civile?
On doit respecter toutes les lois que l’autorité civile impose, pourvu qu’elles ne soient pas opposées à la loi de Dieu; c’est le commandement et l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ.

410. Outre l’obéissance et le respect aux lois imposées par l’autorité, ceux qui font partie de la société civile ont-ils d’autres devoirs?
Ceux qui font partie de la société civile, outre l’obligation du respect et de l’obéissance envers les lois, ont le devoir de vivre dans la concorde et de travailler de toutes leurs forces et de tous leurs moyens à y faire régner, pour l’avantage commun, la vertu, la paix, l’ordre et la prospérité.




§ 2. Le cinquième commandement.

411. Que nous défend le cinquième commandement: «Tu ne tueras pas»?
Le cinquième commandement: «Tu ne tueras pas» défend de donner la mort au prochain, de le battre, de le frapper, ou de lui faire quelque autre mal dans son corps, soit par soi-même, soit par les autres. Il défend encore de l’offenser par des paroles injurieuses et de lui vouloir du mal. Dans ce commandement Dieu défend aussi de se donner la mort, ce qui est le suicide.

412. Pourquoi est-ce un péché grave de tuer son prochain?
Parce que celui qui tue usurpe témérairement le droit sur la vie de l’homme qui n’appartient qu’à Dieu seul, parce qu’il détruit la sécurité de la société humaine, et parce qu’il enlève au prochain la vie, qui est le plus grand bien naturel qu’il ait sur la terre.

413. Y a-t-il des cas où il soit permis de tuer son prochain?
Il est permis de tuer son prochain quand on combat dans une guerre juste; quand, par ordre de l’autorité suprême, on exécute une condamnation à mort, châtiment de quelque crime, et enfin quand on est en cas de nécessaire et légitime défense contre un injuste agresseur.

414. Dieu, dans le cinquième commandement, défend-il aussi de nuire à la vie spirituelle du prochain?
Oui, Dieu, dans le cinquième commandement, défend aussi de nuire à la vie spirituelle du prochain par le scandale.

415. Qu’est-ce que le scandale?
Le scandale est toute parole, tout acte ou toute omission qui est pour les autres une occasion de commettre le péché.

416. Le scandale est-il un péché grave?
Le scandale est un péché grave parce qu’il tend à détruire la plus grande oeuvre de Dieu, qui est la Rédemption, par la perte d’une âme; parce qu’il donne au prochain la mort de l’âme en lui enlevant la vie de la grâce, qui est plus précieuse que la vie du corps; parce qu’il est cause d’une multitude de péchés. Aussi Dieu menace-t-il des plus sévères châtiments ceux qui donnent le scandale.

417. Pourquoi dans le cinquième commandement Dieu défend-il de se donner la mort à soi-même ou de se suicider?
Dans le cinquième commandement, Dieu défend le suicide parce que l’homme n’est pas le maître de sa vie comme il ne l’est pas de celle d’autrui. Et l’Église punit le suicide par la privation de la sépulture ecclésiastique.

418. Le cinquième commandement défend-il aussi le duel?
Oui, le cinquième commandement défend aussi le duel, parce que le duel participe de la malice du suicide et de celle de l’homicide; et quiconque y assiste volontairement, même comme simple spectateur, est excommunié.

419. Le duel est-il encore défendu quand il n’y a pas péril de mort?
Oui, le duel même est défendu, parce que non seulement nous ne pouvons pas tuer, mais nous ne pouvons pas même blesser volontairement nous-mêmes ni les autres.

420. La défense de l’honneur peut-elle excuser le duel?
Non, parce qu’il n’est pas vrai que par le duel on répare l’offense, et parce qu’on ne peut pas réparer l’honneur par une action injuste, déraisonnable et barbare, comme est le duel.

421. Que nous ordonne le cinquième commandement?
Le cinquième commandement nous ordonne de pardonner à nos ennemis et de vouloir du bien à tout le monde.

422. Que doit faire celui qui a porté tort au prochain pour la vie du corps ou pour la vie de l’âme?
Il ne suffit pas que celui qui a porté tort au prochain se confesse, il doit aussi réparer le mal qu’il a fait en compensant les torts qu’il a portés, en rétractant les erreurs qu’il a enseignées, en donnant le bon exemple.




§ 3. Le sixième et le neuvième commandement.

423. Que nous défend le sixième commandement: «Tu ne feras pas d’impuretés»?
Le sixième commandement: «Tu ne feras pas d’impuretés» nous défend tout acte, tout regard, toute parole contraire à la chasteté, et l’infidélité dans le mariage.

424. Que défend le neuvième commandement?
Le neuvième commandement défend expressément tout désir contraire à la fidélité que les époux se sont jurés en s’unissant par le mariage. Il défend aussi toute pensée coupable ou tout désir d’actes défendus par le sixième commandement.

425. L’impureté est-elle un grand péché?
C’est un péché très grave et abominable devant Dieu et devant les hommes; il avilit l’homme à la condition des animaux sans raison, l’entraîne à beaucoup d’autres péchés et de vices, et provoque les plus terribles châtiments en cette vie et en l’autre.

426. Toutes les pensées qui nous viennent à l’esprit contre la pureté sont-elles des péchés?
Les pensées qui nous viennent à l’esprit contre la pureté ne sont pas par elles-mêmes des péchés, elles sont plutôt des tentations et des excitations au péché.

427. Quand est-ce que les mauvaises pensées sont des péchés?
Les mauvaises pensées, même quand elles ne sont pas suivies d’effet, sont des péchés lorsque nous leur donnons occasion d’une manière coupable, ou que nous y consentons ou que nous nous exposons au péril prochain d’y consentir.

428. Que nous ordonnent le sixième et le neuvième commandements?
Le sixième commandement nous ordonne d’être chastes et modestes dans nos actes, nos regards, notre maintien et nos paroles. Le neuvième commandement nous ordonne d’être chastes et purs même intérieurement c’est-à-dire dans notre esprit et notre coeur.

429. Que convient-il de faire pour observer le sixième et le neuvième commandements?
Pour bien observer le sixième et le neuvième commandements, nous devons prier Dieu souvent et du fond du coeur, être dévots à la Vierge Marie, Mère de la pureté, nous rappeler que Dieu nous voit, penser à la mort, aux châtiments divins, à la passion de Jésus-Christ, garder nos sens, pratiquer la mortification chrétienne et fréquenter les sacrements avec les dispositions convenables.

430. Que devons-nous fuir pour nous maintenir dans la pureté?
Pour nous maintenir dans la pureté, il convient de fuir l’oisiveté, les mauvaises compagnies, l’intempérance, d’éviter les images indécentes, les spectacles licencieux, les conversations dangereuses et toutes les autres occasions de péché.




§ 4. Le septième commandement.

431. Que nous défend le septième commandement: «Tu ne voleras pas»?
Le septième commandement: «Tu ne voleras pas» nous défend de prendre ou de retenir le bien d’autrui injustement, et de faire tort au prochain en ses biens de quelque manière que ce soit.

432. Qu’est-ce que voler?
Voler, c’est prendre injustement le bien d’autrui contre la volonté de son maître, dans le cas où celui-ci a pleine raison et droit absolu de n’en vouloir pas être privé.

433. Pourquoi le vol est-il défendu?
Parce que, par le vol, on pèche contre la justice et on fait injure au prochain en prenant et retenant contre son droit et sa volonté ce qui lui appartient.

434. Qu’est-ce que le bien d’autrui?
Le bien d’autrui est tout ce qui appartient au prochain, qu’il en ait la propriété ou l’usage, ou qu’il l’ait simplement en dépôt.

435. De combien de manières prend-on injustement le bien d’autrui?
De deux manières: par le vol et par la rapine.

436. Comment se commet le vol?
Le vol se commet quand on prend le bien d’autrui en se cachant.

437. Comment se commet la rapine?
La rapine se commet quand on prend avec violence et ouvertement le bien d’autrui.

438. Dans quels cas peut-on prendre le bien d’autrui sans faire de péché?
Quand le maître n’est pas opposé ou que son opposition est injuste, ce qui arriverait si quelqu’un était dans l’extrême nécessité, pourvu qu’il prit seulement ce qui lui est strictement nécessaire pour subvenir à son besoin urgent et extrême.

439. Ne peut-on faire tort au prochain dans ses biens que par le vol et la rapine?
On lui fait encore tort par la fraude, par l’usure et par toute autre injustice que l’on commet contre ses biens.

440. Comment se commet la fraude?
Il y a fraude quand on trompe le prochain dans le commerce par de faux poids, de fausses mesures, de la fausse monnaie et de mauvaises marchandises; quand on falsifie les écritures et les papiers; en un mot toutes les fois qu’on induit en erreur dans les ventes, les achats et tout autre contrat, et aussi quand on ne veut pas donner le juste prix et le prix convenu.

441. En quoi consiste l’usure?
L’usure consiste à exiger, sans titre légitime, un intérêt illicite pour une somme prêtée, en abusant du besoin et de l’ignorance d’autrui.

442. Quelles autres injustices commet-on contre le bien du prochain?
Ce sont des injustices que de lui faire perdre injustement ce qu’il a, de lui faire tort dans ses possessions, de ne pas travailler comme on le doit, de ne pas payer par malice des dettes ou des marchandises achetées, de frapper ou de tuer les animaux qui lui appartiennent, d’endommager ou laisser endommager ce qu’on a en garde, d’empêcher quelqu’un de faire un juste bénéfice, de tenir la main aux voleurs, de recevoir, cacher ou acheter des choses volées.

443. Est-ce un péché grave que de voler?
C’est un péché grave contre la justice quand il s’agit d’une matière grave, car il est très important que le droit de chacun sur son bien propre soit respecté, et cela pour le bien des individus, des familles et de la société.

444. Quand est-ce que la matière du vol est grave?
Elle est grave lorsqu’on prend une chose importante et aussi lorsque, bien qu’on prenne une chose de peu de valeur, le prochain en souffre un grave dommage.

445. Que nous ordonne le septième commandement?
Le septième commandement nous ordonne de respecter le bien d’autrui, de donner le juste salaire aux ouvriers, et d’observer la justice en tout ce qui concerne la propriété d’autrui.

446. Pour celui qui a péché contre le septième commandement suffit-il qu’il se confesse?
Pour celui qui a péché contre le septième commandement, la confession ne suffit pas; il faut qu’il fasse son possible pour restituer le bien d’autrui et réparer les dommages causés.

447. Qu’est-ce que la réparation des dommages causés?
La réparation des dommages causés est la compensation qu’on doit donner au prochain pour les fruits et les bénéfices perdus à cause du vol et des autres injustices commises à son détriment.

448. À qui doit-on restituer le bien volé?
À celui qui a été volé; à ses héritiers, s’il est mort; et si c’est vraiment impossible, on doit en donner la valeur au profit des pauvres et des oeuvres pieuses.

449. Que doit-on faire quand on trouve une chose de grande valeur?
On doit apporter un grand empressement à en trouver le maître et la lui restituer fidèlement.




§ 5. Le huitième commandement.

450. Que nous défend le huitième commandement: «Tu ne diras pas de faux témoignage»?
Le huitième commandement: «Tu ne diras pas de faux témoignage» nous défend de déposer faussement en justice. Il nous défend encore la diffamation ou médisance, la calomnie, la flatterie, le jugement et le soupçon téméraires et toute sorte de mensonge.

451. Qu’est-ce que la diffamation ou médisance?
La diffamation ou médisance est un péché qui consiste à manifester sans un juste motif les péchés et les défauts d’autrui.

452. Qu’est-ce que la calomnie?
La calomnie est un péché qui consiste à attribuer méchamment au prochain des fautes et des défauts qu’il n’a pas.

453. Qu’est-ce que la flatterie?
La flatterie est un péché qui consiste à tromper quelqu’un en disant faussement du bien de lui ou d’un autre, dans le but d’en retirer quelque avantage.

454. Qu’est-ce que le jugement ou soupçon téméraire?
Le jugement ou le soupçon téméraire est un péché qui consiste à mal juger ou à soupçonner de mal le prochain sans un juste motif.

455. Qu’est-ce que le mensonge?
Le mensonge est un péché qui consiste à affirmer comme vrai ou comme faux, par des paroles ou par des actes, ce qu’on ne croit pas tel.

456. De combien d’espèces est le mensonge?
Le mensonge est de trois espèces: le mensonge joyeux, le mensonge officieux et le mensonge pernicieux.

457. Qu’est-ce que le mensonge joyeux?
Le mensonge joyeux est celui dans lequel on ment par pure plaisanterie et sans faire tort à personne.

458. Qu’est-ce que le mensonge officieux?
Le mensonge officieux est l’affirmation d’une chose fausse pour sa propre utilité ou celle d’un autre, mais sans qu’il y ait de préjudice pour personne.

459. Qu’est-ce que le mensonge pernicieux?
Le mensonge pernicieux est l’affirmation d’une chose fausse qui fait tort au prochain.

460. N’est-il jamais permis de mentir?
Il n’est jamais permis de mentir ni par plaisanterie, ni pour son propre avantage ni pour celui d’autrui, car c’est une chose mauvaise par elle-même.

461. Quel péché est le mensonge?
Quand le mensonge est joyeux ou officieux, c’est un péché véniel; mais s’il est pernicieux, c’est un péché mortel si le préjudice causé est grave.

462. Est-il toujours nécessaire de dire tout ce qu’on pense?
Non, cela n’est pas toujours nécessaire, surtout quand celui qui vous interroge n’a pas le droit de savoir ce qu’il demande.

463. Pour celui qui a péché contre le huitième commandement suffit-il qu’il s’en confesse?
Pour celui qui a péché contre le huitième commandement, il ne suffit pas qu’il s’en confesse; il est obligé de rétracter ce qu’il a dit de calomnieux contre le prochain, et de réparer du mieux qu’il le peut les dommages qu’il lui a causés.

464. Que nous ordonne le huitième commandement?
Le huitième commandement nous ordonne de dire quand il le faut la vérité, et d’interpréter en bien, autant que nous le pouvons, les actions de notre prochain.




§ 6. Le dixième commandement.

465. Que nous défend le dixième commandement: «Tu ne désireras pas le bien d’autrui»?
Le dixième commandement: «Tu ne désireras pas le bien d’autrui» nous défend le désir de priver autrui de son bien et le désir d’acquérir du bien par des moyens injustes.

466. Pourquoi Dieu nous défend-il aussi le désir du bien d’autrui?
Dieu nous défend les désirs déréglés du bien d’autrui, parce qu’il veut que nous soyons justes, même intérieurement, et que nous nous tenions toujours très éloignés des actes injustes.

467. Que nous ordonne le dixième commandement?
Le dixième commandement nous ordonne de nous contenter de l’état dans lequel Dieu nous a placés, et de souffrir avec patience la pauvreté quand Dieu nous veut dans cet état.

468. Comment un chrétien peut-il être content dans la pauvreté?
Un chrétien peut être content même dans la pauvreté, en considérant que le plus grand des biens est une conscience pure et tranquille, que notre vraie patrie est le ciel, et que Jésus-Christ s’est fait pauvre par amour pour nous et a promis une récompense spéciale à tous ceux qui supportent avec patience la pauvreté.